Afrique : le Visa, un frein au développement ?

Visa

                                                                        

En dévoilant la liste des pays exemptés de visa sur ses terres, le Qatar a indirectement indiqué le défi à relever par les investisseurs et entrepreneurs Africains : la problématique des demandes de visa.

Malgré sa réputation de plaque tournante de l’investissement mondial, le Qatar n’a exempté qu’un seul pays africain dans sa politique de visas : l’Afrique du Sud. Le pouvoir d’achat et la sécurité sont les deux critères choisis par ce pays du golf arabique pour sélectionner les pays exemptés de visa.  Une liste qui semble dire « Africains, allez voir ailleurs », mais le problème semble plus profond. En fait, la circulation même entre les états du continent africain pose problème et empêche l’entreprenariat de décoller. La cause principale est bien identifiée : l’obtention de visas. Conséquence, beaucoup de secteurs d’activités à fort potentiel peinent à décoller : le tourisme, le commerce, l’entreprenariat ou même l’emploi. Pour illustrer cette problématique, les résultats d’une étude de la Banque mondiale révèlent qu’un commerçant africain souhaitant exporter ses produits dans tous les pays du continent peut actuellement avoir besoin de jusqu’à 1.600 permis, licences et certificats douaniers.

Développement = libre circulation Des efforts sont fournis par les pays africains, dont 13 ont choisi de faciliter le visa d’entrée sur leurs sols en adoptant le e-visa ou visa électronique. Le Bénin par exemple, a supprimé les visas pour les détenteurs de passeport ou de la carte nationale d’identité de tout pays africain. La Namibie et le Zimbabwe autorisent au sein de leur pays la libre circulation des citoyens des pays membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (CDAA), pour booster le secteur du tourisme. En Afrique du Sud par contre, difficile pour les travailleurs et entrepreneurs africains de décrocher un « critical skills visa », réservés aux « compétences exceptionnelles » : un système décrié par les investisseurs comme Aliko Dangote. Le passeport africain, la solution ? L’Union africaine a donné le ton via le lancement en Juillet 2016 du projet « Schengen africain », dont le but est de permettre aux citoyens des États membres de librement circuler dans la zone. Le passeport africain est ainsi présenté comme solution pour favoriser les échanges commerciaux, l’investissement et le tourisme en Afrique. Une politique bien appréciée par les acteurs économiques, pour le moment. Au-delà de tout cela, il y a encore de défi de faciliter la libre circulation des africains en dehors du continent. A défaut de suppression de visas internationaux pour les investisseurs africains, les rendre accessibles va bien faciliter  le déploiement du savoir faire de l’intelligentsia africaine dans le monde, dans plusieurs secteurs.

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