Le stress au travail en Afrique

Stress en Afrique

La question du stress au travail a pendant longtemps été vue comme une problématique ne concernant que les pays industrialisés. Pourtant, quelles que soit les zones concernées, les employés ne sont pas épargnés par ce problème qui diminue aussi bien la productivité des entreprises que la motivation des salariés. Ainsi, le stress au travail gagne le monde émergent.

Si dans un passé récent, beaucoup de pays du Sud ne prenaient pas au sérieux cette question, ce n’est plus le cas maintenant. Désormais, dans de nombreux pays du Sud, cette question est prise en compte et ce, de manière officielle. Les pays en voie de développement ne font plus l’impasse sur les conséquences du stress au travail, en l’occurrence, les troubles psychosociaux et leurs conséquences économiques. Ainsi, si les statistiques manquent, le problème, lui, est bien réel en Afrique. Les pays africains commencent donc à s’y intéresser, même si pour le moment, le phénomène du stress au travail reste difficilement quantifiable en Afrique. Cela est d’ autant plus vrai qui les chiffres disponibles, aujourd’hui, ne concernent que les pays riches.

En Europe, près de 30 % des salariés se disent exposés au stress. C’est du moins ce que révèle une étude menée en 2009 par Eurostat, l’office de statistiques de l’Union. Aux États-Unis, le coût du stress au travail – absentéisme, moindre productivité, congés maladie, etc. – était estimé en 2010 à 300 milliards de dollars (202 milliards d’euros). Pour les pays émergents ou en développement, en l’ absence de données sérieuses sur la question, l’Organisation internationale du travail (OIT) a décidé de s’y pencher. Cette organisation qui s’intéresse aux questions liées au travail a eu à organiser une journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. L’OIT a donc lancé une étude sur ce thème. Les conclusions de cette étude doivent permettre d’avoir une idée claire de l’ état des lieux relativement à la question du stress au travail. S’inscrivant dans cette logique, la Chine s’est tournée vers l’OIT afin de définir des outils de gestion des risques psychosociaux

Par ailleurs, un réseau s’est constitué en Amérique latine, avec notamment la Colombie, le Mexique, l’Argentine, sur les questions de harcèlement moral. Pour Valentina Forastieri, coordinatrice de l’unité de la santé au travail à l’OIT en charge de cette étude, “les restructurations liées à la crise ont entraîné des pertes d’emploi, explique-t-elle. Mais, pour ceux qui ont conservé leur travail, le stress a augmenté en raison de l’augmentation des horaires, et de la polyvalence qui leur est demandée.” Dans son rapport 2010 sur “les risques émergents”, l’OIT a d’ores et déjà pointé les risques liés aux nouvelles conditions de travail, évoquant aussi le sort réservé aux travailleurs migrants ou à ceux de l’économie informelle. Il est heureux que les pays du Sud commencent à prendre conscience de la gravité du phénomène car, le bien-être des salariés est une question fondamentale. De nombreuses entreprises en Afrique ont désormais compris que leur rentabilité est directement liée au bien-être de leurs salariés.

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