Afrique : L’industrialisation est indispensable à la création d’emplois

Industrialisation en Afrique

En Afrique, la création d’emplois est indispensable au développement durable et à la croissance inclusive du continent.  Dans ce continent, les groupes vulnérables tels que les femmes et les jeunes, sont touchés de manière disproportionnée par la rareté des opportunités d’emplois décents.  Ces derniers constituent pourtant des maillons importants de la population africaine sans lesquels, le développement n’est pas envisageable. Or, la quasi-totalité des observateurs soutiennent, à juste titre d’ailleurs,  que seule l’industrialisation permettra  de créer des emplois qualifiés nécessaires aux jeunes africains.  Ainsi, selon les projections des Nations unies, l’Afrique connaîtra une croissance démographique inédite et devrait représenter près de 40 % de la population mondiale à horizon 2100 (soit autant que la Chine et l’Inde réunies) contre près de 17 % aujourd’hui. 

 

L’industrialisation devient une réponse à l’impérieuse nécessité de créer dix à douze millions d’emplois par an pour seulement absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail. Il doit, cependant, s’agir d’une industrialisation pensée  et adaptée au contexte africain. 

 

 En effet, chaque pays ayant ses propres caractéristiques, il est essentiel que chaque gouvernement envisage l’industrialisation en prenant compte notamment des ressources naturelles dont il dispose et des potentialités dont le pays est doté. L’industrialisation doit reposer sur la création d’un environnement économique et social favorable. Selon Jonathan Le Henry, consultant chez PWC, les pays africains gagneraient ” à une réflexion commune et intégrée de politique industrielle “. 

 

Et ce dernier de préciser que plusieurs leviers doivent être actionnés pour gagner le défi de l’industrialisation en Afrique. Il s’agira de capitaliser sur les ressources naturelles pour créer de nouvelles activités à plus forte valeur ajoutée, de miser sur des partenariats stratégiques afin de favoriser le partage de valeur et le transfert de technologie, de s’appuyer sur les technologies de la révolution industrielle 4.0 pour dégager des gains de productivité, améliorer le niveau de compétitivité et mieux s’intégrer sur la chaîne de valeur. Il s’agira enfin de créer les conditions nécessaires à l’amélioration du climat des affaires en proposant un environnement attractif pour les investisseurs étrangers et en minimisant le poids de la bureaucratie.

 

Une telle approche pourra permettre aux populations africaines de de bénéficier de création d’emplois en masse. À terme, le développement du continent africain pourra être pérenne et profitable à chaque citoyen africain.

 

 A l’heure actuelle, l’industrie africaine ne génère que 700 dollars américains de PIB par habitant en moyenne, trois fois moins qu’en Amérique latine (2500 dollars) et cinq fois moins qu’en Asie de l’Est (3 400 dollars). Et ses exportations se composent de produits manufacturés de faible technologie et de ressources naturelles non transformées – qui représentent plus de 80 % des exportations de l’Algérie, de l’Angola et du Nigeria, par exemple. 

 

L’Afrique comme  l’Europe au XIXe siècle, l’Asie au XXe siècle, doit alors,  s’engager, résolument,  sur la voie de l’industrialisation au cours de ce XXIe siècle.  Dans cette optique, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) sont convenus de travailler ensemble pour aider l’Afrique à concevoir son programme d’industrialisation. D’autres initiatives voient également le jour à permettre au contient noir de sortir de l’ombre.

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